Message de Cyril Piquemal, Consul général de France à Barcelone

EN CHACUN DE NOUS, L’ESPRIT DU 14 JUILLET

Chers compatriotes d’Aragon, des Baléares et de Catalogne,

Il n’y aura pas de célébration publique du 14 juillet à Barcelone cette année et cela dit presque tout : de l’exceptionnelle singularité du moment de lutte et de deuil que nous avons traversé depuis cet hiver ; et de l’arrachement symbolique que représente une telle annulation, au regard de l’histoire de la présence française dans la circonscription.

Le 14 juillet est annulé mais cette décision est pourtant une manière d’être fidèle à ce qu’il incarne. Votre sécurité est notre mission cardinale, comme une expression, peut-être la plus ardente, de l’impératif de solidarité qui lie la France à ses citoyens, où qu’ils soient. Nous avons pris nos responsabilités, en notre âme et conscience, parce que face à l’épidémie, nos gouvernements restent mobilisés, déterminés et confiants, mais vigilants aussi. La résurgence de foyers de contamination nous commande la prudence, nous ne dévions pas de cette ligne.

Le 14 juillet à Barcelone est annulé mais son esprit vit en chacun de nous. Il est où nous sommes, il est le fil invisible qui nous unit, il est nos actes, notre devise commune, notre langue, notre mémoire, notre histoire, notre engagement, pour la France et pour l’Europe. Il est dans les coopérations et les partenariats que nous fortifions chaque jour pour faire vivre un idéal de fraternité à l’échelle de l’Union et ici, dans ce pays ami qu’est l’Espagne.

J’aurais voulu que nous nous rassemblions à l’Institut français, parce que le 14 juillet est un rêve d’émancipation et que notre combat pour la liberté a toujours eu la culture pour fin et pour moyen. Dans les prochains mois, l’Institut aura besoin de vous. Soutenez-le, soyez présents, faites-le vivre, vous y trouverez le meilleur de la France et de Barcelone, et un trait d’union pour qu’éclosent le talent et la création. En ces temps où souffle la tentation du repli sur soi, nous en avons plus que jamais besoin.

J’aurais voulu mettre à l’honneur nos associations, parce qu’au cours des derniers mois, elles n’ont cessé d’être à vos côtés. Elles sont un reflet de vous-mêmes, agissant au quotidien pour vous et par vous. Certaines connaissent des difficultés sans précédent. Nous devons les accompagner. Le Consulat répondra présent et mettra à disposition des financements, dans les cadres élaborés par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, pour celles qui veulent continuer à porter des projets. Mais elles auront aussi besoin de vous tous.

J’aurais voulu, enfin, que vous rencontriez les Français récemment naturalisés qui vivent dans la circonscription. Il y en a plus de vingt, de divers horizons, de diverses origines. A un moment de leur vie, ils ont choisi la France et en ce jour si spécial pour nous tous, qui d’autre pour donner de l’éclat à ces valeurs qui ne sont pas que des mots, mais un imaginaire qui guide des choix et aide à poser des actes ?

Au moment de quitter mes fonctions de consul général, je voudrais vous redire la fierté que j’ai eue d’être à vos côtés pendant trois ans. Le temps du bilan viendra bientôt. Mais je puis déjà vous dire que je repars de Barcelone avec des convictions fortifiées par l’expérience. Je vous avais dit l’année dernière qu’à mes yeux, vous étiez un visage de l’Europe. J’en suis plus assuré que jamais. Par vos projets et par vos vies de Français en Espagne, vous contribuez à l’émergence d’une réalité plus grande que nous, qui s’appelle une communauté de destin.

Voilà ce que nous devons accompagner et soutenir sans relâche. C’est notre raison d’être de diplomates, pleinement conscients que dans le monde qui vient, il n’y aura de souverainetés, nationale et européenne, qu’intimement liées, vivant l’une par l’autre et se renforçant l’une l’autre. Liberté, égalité, fraternité : voilà notre projet, il reste une idée neuve et il est notre fil directeur, en France et dans la mission qui nous incombe de construire une Europe plus forte et plus unie./.

Cyril Piquemal
Consul général de France à Barcelone

publié le 14/07/2020

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