EUROPE 18/18 : de l’armistice à l’amitié

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Il y a un siècle, le 11 novembre 1918 à 11h00, les armes se taisent enfin, au terme d’une nuit sans fond qui aura duré plus de quatre ans. Ce 11 novembre, la joie cohabite avec le deuil ; l’infini soulagement, avec la mutilation des corps et l’épuisement des esprits ; l’espoir, avec la gravité inquiète du « plus jamais ça ».

Au « monde d’hier » englouti dans la boue des tranchées, succède un nouvel horizon. Il accouche d’espérances fébriles, féconde des révolutions scientifiques, artistiques ou sociales, éclaire la longue marche vers l’émancipation des femmes et de tous ceux qui n’avaient droit à rien. Pour la première fois, on parle de sécurité collective et de société des Nations. Mais ce monde engendrera aussi des monstres, enfants abominables de crises à la magnitude inconnue. Ils se nourriront de la haine et du ressentiment, encore et toujours. Bientôt, les noires mécaniques se mettront de nouveau en branle.

Du 11 novembre et de sa postérité tragique, nous sommes à jamais les héritiers. Il résonne comme une mise en garde et, envers et contre tout, comme un motif d’espérance. Car c’est dans le creuset bouillonnant des « Années folles », dans ce balbutiement hésitant de l’histoire que bien des idées nouvelles trouveront leur genèse et chercheront leur chemin à tâtons, forgées par des femmes et des hommes que deux guerres mondiales ne décourageront pas. Le temps viendra où leur idéal deviendra réalité – notre réalité – et portera un nom tangible : l’Europe. C’est leur mémoire que nous saluons.

A l’heure où certains réveillent des tentations que l’on croyaient enterrées, à l’heure où des discours que l’on pensait oubliés renaissent de leur cendre, c’est cette même Europe que nous mettons à l’honneur en organisant le cycle de commémoration « De l’Armistice à l’Amitié », sous la houlette des ambassades de France et d’Allemagne en Espagne. Il annonce une série d’évènements organisés tout au long de l’année 2019 par l’Institut français d’Espagne et le Goethe Institut. Pour que toujours nous nous souvenions que « le nationalisme, c’est la guerre » ; et pour toujours retremper cette conviction inaltérable, partagée par nos deux pays autrefois déchirés, que seule l’Union fait la force./.

Cyril PIQUEMAL, Consul Général de France
Peter RONDORF, Consul Général de la République Fédérale d’Allemagne

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publié le 31/10/2018

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